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Jamais sans lui

Lors de mes errances, j'ai toujours avec moi un calepin, un carnet de cuir noir ou encore un boîtier.

Oui, vous m'avez bien lu.

Un boîtier.

Ce n'est pas dans la solitude ou l'isolement que je m'affaire, c'est lorsque je suis seul, avec mon regard.

Il arrive pourtant que, parfois, il s'invite sans s'annoncer.

Alors, je n'écris jamais tout à fait seul.

Quelqu'un, tapi dans ce boîtier noir, remplace parfois mes murmures par des moulures et transforme une bestiole mimie, en mamie.

La pauvre.

Il semble persuadé d'être meilleur poète. Il prête à mes pensées des images erronées, juge un peu trop vite mes intentions... et les transforme.

Heureusement, il ignore encore regarder.

Il ignore ce que j'observe.

Il ignore ce que j'y vois.

Appelez-le correcteur, si bon vous semble.

Je n'oserais le qualifier d'usurpateur.

Depuis qu'il m'accompagne, je redouble de vigilance. Je me relis au mieux.

Je fais de l'observance un point de convergence.

Car, parfois, je l'avoue, je souris en silence des farces qu'il m'offre sur son plateau tactile.

Du Bescherelle au numérique, rien n'est incompatible. Ils vont souvent de pair. Encore faut-il savoir lequel manie la plume. 

Mais, quoi qu'il advienne, la fulgurance des mots échappe encore à tout doigté.

Ce fraudeur incongru ne sait pas regarder.

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